SOCIÉTÉ INTERNATIONALE

DES AMIS DE NIKOS KAZANTZAKI (SIANK)

Association culturelle sans but lucratif

  fondée à Genève (Suisse) le 14 décembre 1988

PUBLIÉ LE 09 juin 2017

Rayonnement international  Zorba

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ZORBA (1865-1941)

Au cours de ma vie, mes plus grands bienfaiteurs ont été les voyages et les rêves ; parmi les hommes très peu, vivants ou morts, m’ont aidé dans ma lutte. Si je devais pourtant distinguer les hommes qui ont laissé plus profondément leur empreinte sur mon âme, je nommerais peut-être Homère, Bouddha, Nietzsche, Bergson et Zorba…

Si je devais dans mon existence choisir un guide spirituel, un Gourou comme disent les Hindous, un Vieillard comme disent les moines du Mont Athos, c’est sûrement Zorba que je choisirais. Car c’est lui qui possédait ce dont un gratte-papier a besoin pour être sauvé : le regard primitif qui saisit de haut, comme une flèche, sa proie ; l’ingénuité créatrice, chaque matin nouvelle, qui fait voir sans cesse l’univers pour la première fois et donne une virginité aux éléments éternels et quotidiens –le vent, la mer, le feu, la femme, le pain ; une main sûre, un cœur frais, le courage de plaisanter sa propre âme et enfin le rire éclatant et sauvage, venu d’une source profonde, plus profonde encore que les entrailles de l’homme, qui jaillissait, rédempteur, aux instants critiques, de la vieille poitrine de Zorba : et quand il jaillissait, il pouvait abattre, et abattait en fait, tous les murs – morale, religion, patrie – que l’homme, misérable et peureux, a élevées autour de lui pour cheminer clopin-clopant, en sûreté, le long de sa pauvre vie.

Ce texte important de Nikos Kazantzaki, extrait de son Rapport au Greco, décrit sa grande admiration pour Georges Zorba qu’il appelle dans son roman « Alexis ».

Beaucoup de mythes et d’inexactitudes circulent au sujet de ce personnage. Il nous a paru utile de rétablir la vérité.

Georges Zorba est né en Macédoine, en Grèce, en 1865, pour les uns à Katafygio Kozanis, pour d’autres à Kolindro Pierrias. Son père  Fotis a une certaine fortune à Katafygio, mais, à la suite d’une dispute avec un Turc, il s’installe à Kolindro. Après la mort de sa femme, il devient moine au Mont Athos.

En 1880, Zorba, âgé de 15 ans, s’occupe à Kolindro d’élevage de moutons et de chèvres laissés par son père. Mais, à la suite d’une maladie, tout son cheptel est décimé.

En 1887, il s’installe en Chalcidique et travaille dans les mines d’une société française.

                       

Il exerce durement plusieurs métiers Son contremaître lui fait confiance. Zorba tombe amoureux de sa fille, Eleni, âgée de quinze ans. Ils se marient clandestinement. Eleni a été sa seule épouse légale. Il l’a beaucoup aimée. Ils ont eu huit enfants.

Après la mine, il travaille dans plusieurs villages de Chalcidique. Par la suite, il se rend à Constantinople et en Serbie. Il se réinstalle en Chalcidique en 1914. Son épouse meurt à l’âge de 34 ans.

L’année suivante, il se rend au Mont Athos pour devenir moine. En fait, il travaille comme bûcheron. Il rencontre Kazantzaki qui s’y trouve avec le poète Anghélos Sikélianos.  Le grand Crétois est impressionné par son application au travail et ses connaissances.

Kazantzaki s’occupe alors d’une grande entreprise de bois de construction. Il embauche Zorba. Mais l’entreprise échoue.

En 1916, les deux amis s’installent dans le Magne de Messénie (Sud du Péloponnèse, près de Kalamata), plus précisément à Prastova-Stoupa, et exploitent une mine de lignite.

En 1918 la mine, endettée, ferme.  Kazantzaki se rend en Suisse. Zorba reste sur place et exerce divers métiers.

En 1919, le premier Ministre grec Elefthérios Vénizélos nomme Kazantzaki directeur au Ministère nouvellement créé de l’Assistance publique avec pour seule mission de se rendre dans le Caucase pour rapatrier les Grecs qui étaient massacrés par les bolchéviques et les Kurdes. Il s’y rend à la tête d’une délégation. Zorba en fait partie.

Le grand Crétois rapatrie 150.000 personnes et les installe en Thrace et en Macédoine.

C’est leur dernière rencontre. Kazantzaki voyage en Europe, en Asie et en Afrique. En 1920, Zorba s’installe en Yougoslavie. A Nis, il exploite une mine jusqu’en 1926.  De 1926 à 1941 (année de sa mort), il réside à Skopje. Il y exploite une mine. Il fait connaissance de Liouba avec laquelle il vit, sans jamais se marier.

En 1927 il vient à Athènes. Il amène de Kalamata sa fille Katina et ils vont ensemble à Skopje. Il la marie avec un gros commerçant Niko Yanda. Ils ont deux enfants Anna et Vangueli qui s’installent par la suite à Belgrade.

Zorba meurt à Skopje en 1941. Il y est enterré.

56 ans après, en avril 1997, le célèbre musicien Mikis Théodorakis, à l’occasion d’un concert à Skopje, découvre la tombe du fameux Zorba.

Kazantzaki n’a pas oublié son ami. En 1946, il publie à Athènes son roman Vie et aventures d’Alexis Zorba. Le livre est très bien accueilli. Il est traduit dans plusieurs langues. Michel Cacoyannis l’adapte pour le cinéma sous le titre Zorba le Grec. D’autres artistes l’adaptent pour le théâtre et le music hall.

Ainsi, grâce à Kazantzaki, Zorba est devenu célèbre !

Notre Société a organisé de multiples manifestations en Grèce et à Skopje pour honorer les deux amis.

Les petits enfants de Zorba

En mai 2012, elle a présenté  au Salon international du Livre de Thessalonique une exposition intitulée : Kazantzaki et Zorba : deux hommes libres ! Elle est disponible en grec.